Alors que l’été et les vacances arrivent, on se met à espérer un peu de répit au milieu des soucis. On ne pourra oublier la crise économique, car, même si elle ne touche pas directement, nous en voyons les effets autour de nous.
Une autre crise défraye la chronique. Parabole d’un système qui ne marche pas. « Le foot, nouvel opium du peuple, disait un homme de gauche dernièrement et de poursuivre : cela m’a toujours choqué de voir des RMIstes applaudir des millionnaires. » Cela ne peut pas marcher, l’argent roi. Et le feuilleton des Bleus n’est que la réduction dérisoire de l’autre crise, financière et mondiale. Lorsque le Sud se révoltera, et c’est peut-être en partie commencé avec l’islamisme, il sera trop tard pour pleurer.
Notre Eglise n’est pas épargnée. Il y a les histoires de pédophilie. On apprend, certes à vérifier, des comportements mafieux d’un Cardinal en Italie. Quel opium trouverons-nous pour oublier ces mauvais cauchemars ? Le discrédit quasi général de l’Eglise fera sortir encore de nombreuses affaires peu ragoutantes. Non que les chrétiens soient pires que les autres, mais il y a chez eux aussi, mêlés aux saints, des salauds. Et si encore, on pouvait séparer le bon grain de l’ivraie…
Faut-il que l’Eglise renonce à prêcher une droiture sous prétexte qu’elle n’en serait pas capable elle-même ? Mais si elle ne prêche que ce dont elle est capable, ce n’est plus l’évangile qu’elle annoncera. Reste à trouver une manière d’annoncer qui ne laisse pas croire que nous n’aurions pas nous aussi à faire notre examen de conscience. L’Eglise ne demeurera un tant soit peu crédible qu’à aller jusqu’au bout de la fraternité, comme son Maître, dans la solidarité dans le mal, non pour collaborer au mal, mais pour reconnaître, effondrée, qu’elle même y collabore.
Un été pour changer de civilisation, pour se convertir enfin. L’évangile est si peu entendu, dans sa véhémence cathartique comme dans sa force de relèvement, de pardon et de promesse de vie. Il est temps plus que jamais de continuer à annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ.