Blog de la paroisse de Saint Paul de Varax

1/ Saul, juif de la diaspora et citoyen romain
Saul, qui ne sera appelé Paul que plus tard, est né entre les années 5 et 10 de l’ère chrétienne, à Tarse (sud-est de la Turquie), dans une famille juive de citoyenneté romaine.
Jeune, Il fréquente l’école rabbinique de Tarse avant d’être envoyé à Jérusalem auprès de maîtres religieux célèbres notamment par Gamaliel. Il ne paraît pas avoir connu Jésus.
Devenu pharisien fervent, il est présent à Jérusalem lors du martyre d’Etienne « Saul, lui, approuvait ce meurtre » (Ac 8, 1). A la suite de cet événement, une violente persécution s’élève contre l’Eglise de Jérusalem, entraînant la dispersion des disciples du Christ. Le zèle de Saul le conduit à poursuivre ces chrétiens et il reçoit du grand prêtre des lettres le mandatant pour conduire les arrestations.
2/ Conversion sur le chemin de Damas
(Illustration sur le vitrail à droite de la nef)
C’est en se rendant à Damas dans l’intention de rechercher les premiers chrétiens qu’une force surnaturelle le terrasse. Le Christ lui apparaît et il reçoit la révélation de la foi.
« Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait: "Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ?" "Qui es-tu, Seigneur ?" demanda-t-il. Et lui : "Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et l'on te dira ce que tu dois faire". Ses compagnons de route s'étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. Saul se releva de terre, mais, quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien » (Ac 9, 3-9).Vingt ans plus tard, Paul le présente dans sa lettre aux Galates (Ga 1, 12-17) comme le cheminement providentiel qui va illuminer sa foi juive en lui faisant découvrir la profondeur de la Révélation. Après l’expérience de cette illumination intérieure, Paul est conduit, aveugle, jusqu’à Damas où l’attend un certain Ananie. Trois jours plus tard, il reçoit de ce disciple du Christ le baptême et recouvre la vue.
Dans sa lettre aux Galates, Paul insiste sur son initiation, présentée comme un long mûrissement : « aussitôt, sans consulter la chair et le sang, sans monter à Jérusalem trouver les apôtres mes prédécesseurs, je m'en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas. Ensuite, après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Céphas (Pierre) et demeurai auprès de lui quinze jours : je n'ai pas vu d'autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur: et quand je vous écris cela, j'atteste devant Dieu que je ne mens point » (Ga 1, 16-20). Paul se met à l’école des apôtres du Christ, avant de partir évangéliser la Syrie et la Cilicie (Ga 1, 21).
3/ Appelé par Barnabé pour partir en mission
Paul installé à Antioche, où réside une communauté de chrétiens, se lie d’amitié avec le chypriote Barnabé. Ce dernier fait appel à Paul et Marc pour partir évangéliser l’île de Chypre. Ce sera 1er voyage missionnaire de Paul. A partir de cette date, le converti de Damas n’est appelé plus que Paul.
Après le départ de Marc, les deux disciples gagnent la Pamphilie (Pergé) et prêchent autour d’Antioche. A Lystres, Paul guérit un paralytique et la population émerveillée confond, alors son compagnon et lui avec les dieux « Zeus et Hermès » ( Ac 14-12) leur démenti leur vaut une violente attaque. Revenant à eux, ils partent pour Derbé où ils font « bon nombre de disciple » (Ac 14,21). Arrivés au terme de voyage, Paul rapporte « comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi » (Ac 14,27).
4/ 2ème voyage missionnaire
Paul et Silas traversent la Turquie actuelle d’Est en Ouest, soit plus de mille kilomètre. Paul retrouve à nouveau les communautés fondées en Cilicie et Pysidie. A lystre, il rencontre Timothée qui continue le voyage avec eux (Ac 16, 1-3) et deviendra un compagnon inséparable. Ensemble, ils parcourent la Galatie et la Mysie, guidés par l’Esprit Saint. Ce dernier leur indique en effet avec force la route à emprunter et celle à éviter (Ac 16, 7). Paul et Silas poursuivent leur route, évangélisant Thessalonique et Bérée. A Athènes, Paul engage en public une vive controverse avec les habitants versés dans la philosophie. Puis, devant l’Aréopage, Paul déploie un discours exemplaire, modèle d’argumentation et de pédagogie en monde païen. Il recourt avec brio à sa double culture hellénistique et biblique. Mais l’évocation de la résurrection du Christ fait s’éloigner son auditoire qui le prend pour un doux rêveur : « A ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient: "Nous t'entendrons là-dessus une autre fois" » (Ac 17, 32). Seuls quelques Athéniens, dont Denys l’Aréopagite, accueilleront la foi chrétienne.
Paul fait une longue halte à Corinthe. C’est ici qu’il reçoit des nouvelles inquiétantes de la communauté de Thessalonique. Avec l’aide d’un scribe, Paul leur adresse vers 50-51 une première épître : la première lettre aux Thessaloniciens. A Corinthe, où il enseigne « aux gens la parole de Dieu » (Ac 18, 11), son témoignage est loin d’être unanimement accueilli. Après un procès intenté par les Juifs hostiles devant le proconsul Gallion, Paul s’embarque finalement pour Ephèse. Puis, il regagne Antioche pour quelques temps.
5/ 3ème voyage missionnaire
Paul choisit de repartir pour le pays des Galates et la Pisidie, et fait escale à Ephèse. Il atteint la ville après une année de route et fréquente alors assidûment la synagogue pour y annoncer la Bonne Nouvelle. L’hostilité croissante des Juifs le conduit à s’établir dans une école privée. L’œuvre missionnaire y est intense : « Il en fut ainsi deux années durant, en sorte que tous les habitants de l'Asie, Juifs et Grecs, purent entendre la parole du Seigneur » (Ac 19, 10). Le témoin rencontre certains succès, non pourtant sans épreuves, comme il l’écrira aux Corinthiens : « je resterai à Ephèse jusqu'à la Pentecôte ; car une porte y est ouverte toute grande à mon activité, et les adversaires sont nombreux » (1 Co 16, 8-9).
D’Ephèse, Paul envoie probablement ses lettres aux Philippiens, à Philémon et aux Galates dans les années 55-56. Trois autres lettres suivront à la fin de son séjour de deux ans dans la ville : la première et la deuxième lettre aux Corinthiens et la lettre aux Romains.
Le succès de la prédication de Paul provoque la colère des orfèvres d’Ephèse, marchands de statues à l’effigie de la déesse locale, Artémis. La corporation organise une manifestation, et devant l’émeute, Paul doit fuir la ville en secret.
6/ Arrestation de Paul et son voyage captif à Rome (57-62)
Arrivé à Jérusalem, Alors qu’il entreprend une démarche sur l’esplanade du temple, les juifs, le reconnaissant, le vilipende . On l’accuse d’avoir fait pénétrer des Grecs dans l’enceinte du Temple et ainsi profané le Lieu Saint (Ac 21, 27-29). Attaqué, il ne doit son salut qu’à l’intervention de la garde romaine qui l’arrête. Il n’échappe aux fouets qu’en arguant de sa citoyenneté romaine. A plusieurs reprises, Paul est alors conduit à s’expliquer devant le peuple, les autorités juives et le pouvoir civil. Pour le faire échapper à un complot, il est finalement transféré à Césarée-Maritime afin d’y comparaître devant le tribunal du Procurateur.
Deux années durant, il est retenu captif à Césarée-Maritime. Chaque interrogatoire est pour lui l’occasion de témoigner avec audace du Christ et de sa propre expérience de foi. Il réclame finalement de comparaître devant César lui-même à Rome. Le procurateur Festus consent à sa demande : il sera envoyé dans la capitale de l’Empire pour y être jugé par l’Empereur lui-même.
7/ De Césarée à Rome
Paul, sous bonne garde, embarque donc vers Rome. Commence alors un périlleux voyage en mer marqué par une très violente tempête de quatorze jours. Finalement, le bateau de Paul fait naufrage et le missionnaire captif échoue avec tout l’équipage sur l’île de Malte. Le témoin du Christ bénéficie d’une vision divine l’invitant à encourager les autres passagers. Par sa présence et ses conseils avisés, il permet le salut de tous. Sur l’île, Paul guérit les barbares malades. Bénéficiant de la grande reconnaissance des insulaires, il reprend la route de Rome. (Ac 28, 11-16).
Arrivé enfin à Rome, Paul s’adresse encore aux Juifs. Aux dernières lignes du livre des Actes, son propos à leur égard sonne comme une sentence : « Sachez-le donc : c'est aux païens qu'a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront » (Ac 28, 28). Paul atteignant Rome, la Bonne Nouvelle rejoint la capitale du monde, lieu de l’universel. Désormais, la Parole de Grâce est clairement offerte à tous.
Peu d’informations sont données sur la fin. Nous savons juste qu’il est enterré à Rome où l’empereur Constantin fit construire une basilique, Saint Paul Hors Les Murs, sur son tombeau.